Coronavirus et droits des personnels à l’université

mercredi 18 mars 2020
par  SUD86
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Face à cette situation inédite de pandémie, SUD entend oeuvrer pour la défense des droits et la santé des personnels, permanents et non permanents. Le contexte sanitaire et social est exceptionnel et demande la collaboration de toutes et tous : se protéger, c’est protéger l’autre, solidaires ! Aussi, le confinement à la maison est indispensable, pour toutes et tous.

Nous listons ci-après quelques revendications et positionnements :

arrêt de travail des précaires = salaire versé
L’intégralité des salaires doit être versée pour les vacataires et CEE de l’enseignement supérieur, le service prévisionnel faisant foi des heures programmées. Ce soir, le Ministre Blanquer a clairement annoncé le paiement des heures de vacation durant la période de fermeture de l’université, découvrant qui sait le monde des vacataires, les invisibles et précaires de l’Enseignement supérieur. Au Comité Technique ce matin, le Président s’est engagé à payer les heures de vacation, dès lors qu’elles sont inscrites dans la fiche prévisionnelle.Or, ce sont les UFR qui déclencheront le paiement. Aussi, dans une situation de confinement, il est urgent de mettre en place des procédures dématérialisées afin que les vacataires puissent être rémunérés en temps et en heure - une revendication de SUD depuis des lustres : le paiement mensualisé, dès lors que le service prévisionnel est connu, c’est possible ! Et pourtant, ça bloque toujours dans certaines UFR... 
Qui a du matériel informatique professionnel pour effectuer du télétravail et cette continuité pédagogique ? Une enquête est nécessaire.

Le télétravail ne s’improvise pas. Il exige un environnement dédié suite à un dialogue entre l’employeur et l’agent concerné. En cas d’épidémie, la loi autorise le télétravail sous certaines conditions dont la prise en charge par l’employeur de l’environnement de travail : ordinateur, abonnement internet, stockage des données, etc.
De plus, les personnels ayant des enfants de moins de 16 ans ne pourront pas à la fois s’occuper de leurs enfants et… travailler à distance.
SUD sera attentif au traitement égalitaire entre les personnels d’un établissement. En aucun cas il ne sera acceptable que des pressions par des N+1 s’opèrent sur tel ou tel agent de tel ou tel service. Nous sommes néanmoins confiants : l’intelligence primera face à cette pandémie et nous resterons vigilants, confinés ou pas, pour faire respecter les droits des personnels.

L’université de Poitiers met en place la continuité pédagogique. Il est évident que le corps enseignant mettra tout en oeuvre pour mener à bien les missions de Service Public, avec les outils mis à disposition et le temps nécessaire à la préparation des nouveaux supports pédagogiques, disons-le !
Néanmoins, SUD rappelle que de nombreux enseignants n’ont aucun matériel informatique professionnel - c’est-à-dire payé par l’employeur « Université de Poitiers ».
Qui s’équipe via des contrats de recherche, qui s’emploie à payer son portable, disques durs, imprimante et consommable sur ses propres deniers. Ces situations sont inacceptables, néanmoins l’Institution s’en contente depuis des décennies, faisant ainsi de substantielles économies. Dans le Privé, ces situations ne sauraient être acceptables, sauf à proposer des salaires conséquents… Quand on sait que le gel du point d’indice a provoqué une perte salariale de 16% en moyenne ces neuf dernières années, c’est vraiment trop demander aux personnels du Service Public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ! Les efforts sont exigés toujours dans le même sens... pourtant il ne s’agit pas ici d’un acquis supplémentaire, d’une faveur, mais d’outils de travail dus ! Aussi, nous invitons les personnels qui n’auraient pas d’équipement informatique professionnel « à la maison » (ordi portable, imprimante, …) à le signaler à l’employeur, avec SUD en copie ! Voici une bonne occasion de faire un état des lieux, collectivement.

Logement étudiant et restauration 

Rappelons que tous les étudiants ne peuvent pas rejoindre le domicile familial, une évidence pour les étudiants internationaux. Aussi le CROUS de Poitiers doit-il s’organiser pour permettre à ces étudiants d’être logés en résidence universitaire et d’avoir accès au service de restauration, avec les mesures appropriées pour protéger les personnels du CROUS et les étudiants.

De la recherche fondamentale dans tous les domaines : de la nécessité de renvoyer la LPPR aux oubliettes !

Alors que la politique gouvernementale est à l’orientation de la recherche par projets, à la diminution des crédits récurrents, voilà que nous - communauté scientifique - les entendons exiger des solutions du jour pour le lendemain, qui un traitement viral, qui une modélisation de la pandémie, qui des outils de gestion de crise, etc. Or, ces politiques aujourd’hui désemparés oublient un point : il faut du temps pour mener un programme de recherche sérieux, conséquent. Du temps et des crédits récurrents pour s’inscrire dans la durée ! Mais voilà, leur méconnaissance de la Recherche et leur soif de profits immédiats - qui ré-élection, qui écus sonnant et trébuchant - participent à cet état de crise de la Recherche Publique. Encore une occasion pour exiger le renvoi de la LPPR aux oubliettes et revendiquer une autre politique pour l’ESR !

Solidaires avec les personnels de la Santé Publique

Enfin, nous pensons au personnel soignant, qui jour après jour est au front. Par la présente, nous les remercions sincèrement et soutenons leurs revendications pour un Service de Santé de Service Public. 
Rappelons aussi que les revendications exprimées depuis des mois dans les CHU/EPHAD/centres de soins résonnent avec effroi aujourd’hui : l’hôpital Public, la Santé Publique nécessitent un plan d’ampleur et non de réductions drastiques - e.g.suppression de 17 000 lits dans la décennie passée…
Ils sont là, ils répondent présents, 24h sur 24. Alors, Macron & co, on préfère rémunérer les actionnaires ou les travailleurs ? Rémunérer les dits "premiers de cordée" ou les employés de santé, les agents hospitaliers, aides soignant.es, infirmièr.es et administratifs aux médecins ?

Qui paiera ?

Cette épidémie va avoir un coût humain et financier. De l’argent, il y en a. Il s’agira entre autres de taxer les dividendes, de lutter contre l’évasion fiscale et de supprimer les niches fiscales qui profitent aux seuls vampires de notre planète nourris par le Capitalisme. Macron évoquait dans son allocution ce devoir de mémoire de l’après crise : nous saurons le lui rappeler... 
Gageons que les milliardaires se porteront promptement candidats pour sauver la Santé Public, les recherches associées, vu leur empressement à participer à la restauration d’une cathédrale en flamme...

Nous reviendrons vers vous très prochainement. Mettons à profit cette période pour prendre soin de nos proches et de nous-mêmes, pour s’armer en vu de prochaines luttes revendicatrices : lectures joyeuses et éclairées, échanges nourris (de chez soi !) et repos mérité en cette période éprouvante.

Courage et à bientôt ! 

 

SUD, pour un syndicalisme de lutte. Joignez-nous, rejoignez-nous !
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